Du point de vue sociologique, je me suis intéressé à ce qui pouvait expliquer l’engouement et la facilité déconcertante qu’ont les jeunes internautes à pouvoir exposer des pans entiers de leur vie, sans aucune considération à toute notion de vie privée.

Dans le sillage de ma recherche, je suis tombé sur un article intéressant de Jean Marc Manach qui résume la pensée de Josh Freed, célèbre éditorialiste canadien. L’article : Vie privée : Le point de vue des « petits cons » est paru d’abord dans www.actunet.net avant d’être repris par www.lemonde.fr .

Il est en effet très intéressant de constater à quel point la fracture générationnelle est très importante. Cette fracture est entre d’un coté, des adultes empêtrés dans leurs problèmes d’inhibition, et de prudence à la limite de la paranoïa, à l’égard de tout ce qui touche au dévoilement de ses données dans les espaces publics, et d’un autre coté des jeunes ayant côtoyé Myspace, Facebook, Twitter et qui n’ont aucune gêne à relater et montrer le moindre détail, même insignifiant, de leur vie.

Comme le résume Josh Freed, on a d’un coté « la génération des parents » et de l’autre, « la génération des transparents ». Une génération qualifiée de transparente, car elle n’a rien à cacher. Cette « Génération a passé toute sa vie sur scène, depuis que leurs embryons ont été filmés par échographie alors qu’ils n’avaient que huit semaines ». Les jeunes accrocs des réseaux sociaux ont d’ailleurs beaucoup de mal à concevoir la vie sans êtres regardés, observés, scrutés, commentés.

Qui en est responsable ? Est-ce les parents qui veulent être au courant des moindres faits et gestes de leurs progénitures et qui les a habitués à rendre des comptes ? Est-ce le système scolaire qui fonctionne encore « à l’ancienne » et qui leur impose une discipline qu’ils jugent « passée de mode » et rigide au point de s’en départir ? Sont –ils conscients de ce qu’est le droit à la vie privée et des sacrifices consentis par les aînés pour obtenir ce droit ?

Je pense que tout ceci n’est qu’un phénomène qui amorce le début d’une profonde mutation de la société. Il y a encore beaucoup à écrire sur ce sujet et le débat est donc loin d’être terminé.

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